Citer l’IA recouvre en réalité deux gestes distincts : créditer une contribution de l’IA dans une production (une référence, comme pour toute source) et déclarer de façon transparente qu’on y a eu recours. Les deux relèvent de l’intégrité intellectuelle et, côté enseignement, donnent l’exemple des pratiques attendues des étudiants.
Au préalable : l’IA n’est pas une source. Une réponse générée n’est pas une référence – c’est une reformulation probabiliste, et les sources qu’elle avance sont parfois approximatives ou inventées. Ne citez donc jamais l’IA à la place d’une source primaire : retrouvez le document d’origine, vérifiez qu’il existe et qu’il dit bien ce qui est affirmé, puis citez celui-ci. On ne cite l’outil que lorsqu’il a lui-même contribué au contenu (rédaction, idéation, illustration…).
Créditer une contribution de l’IA
Le principe : comme le résultat d’un prompt n’est ni stable ni reproductible, on cite l’outil comme un logiciel, en précisant le prompt utilisé. Concrètement, indiquez le nom et la version de l’outil, son éditeur, la date, et selon le contexte le prompt formulé ; les extraits repris littéralement vont entre guillemets, et une transcription intégrale de l’échange peut figurer en annexe.
Exemple de référence, inspiré de la norme APA :
Mistral AI. (2026). Le Chat (version du 5 septembre 2026) [Grand modèle de langage]. https://chat.mistral.ai
Dans le corps du texte, on mentionne l’outil et on décrit le prompt (« En réponse à la consigne « … », Le Chat a proposé… »).
Les lignes directrices existent pour les principales normes :
Pour des modèles par type de contenu (texte, image, code…), voyez le guide de l’Université de Sherbrooke ; Compilatio récapitule aussi les usages selon les normes. Notez enfin que citer l’outil suppose de savoir lequel vous avez utilisé : à l’UBS, privilégiez les outils du cadre institutionnel (voir « Quels outils privilégier à l’UBS ? »).
Déclarer l’usage
Au-delà de la référence bibliographique, il est de plus en plus attendu d’accompagner une production d’une courte déclaration précisant comment l’IA a été mobilisée. Cette pratique se généralise, certains cadres nationaux imposent désormais une annexe de déclaration dans les travaux diplômants. Une formulation suffit :
« Ce document a été rédigé par l’auteur. Le Chat (Mistral) a été utilisé pour reformuler l’introduction et vérifier l’orthographe ; les contenus générés ont été relus et validés. »
En contexte d’évaluation, cette déclaration est précisément ce que vous demandez lorsque l’usage de l’IA est « autorisé sous conditions » : pensez à l’exiger explicitement dans votre consigne. Côté étudiants, deux ressources UBS posent le cadre : les consignes sur les usages permis ou interdits et le mémo pour un usage responsable.
Côté enseignant : encadrer les usages
Pour rendre lisibles les usages autorisés dans un cours ou sur une tâche, deux dispositifs peuvent inspirer :
Ils s’articulent avec vos choix d’évaluation : définir le niveau autorisé, puis demander la déclaration et la citation correspondantes.
Un mot de prudence transverse : ne déposez jamais de copies réelles ni de données personnelles sur un outil hors cadre institutionnel, y compris pour préparer un exemple de citation (données UBS → outils UBS). La citation relève d’une démarche de transparence, à distinguer de la question de la détection, dont les limites sont abordées dans « Comment détecter l’utilisation d’IA ? ».